Interview Patrick Racle

Publié le par Sebmetal

Patrick Racle s'est mis en tête d'écrire l'encyclopédie la plus exhaustive possible sur les groupes rock et metal du Haut Doubs de 1970 à nos jours. Celle-ci, initialement, prévue en deux volumes verra finalement l'arrivée d'un troisième tome en 2018. Cette interview intéressera, certainement, davantage les lecteurs du Haut Doubs mais n'hésitez pas à lire si vous êtes d'un autre département. Des personnes passionnées comme ça on n'en rencontre pas tous les jours !

Bonjour Patrick, peux- tu tout d'abord te présenter ?

Patrick, j'ai 49 ans, marié, un enfant et professeur de musique. Je me suis trouvé un job d'écrivain ou plutôt d'historien sur le rock Pontissalien et Mortuacien. Le premier volume est sorti en décembre 2016, le deuxième en juillet 2017 et le troisième, si Dieu le veut, ce sera pour fin 2018 ou peut-être avant...

Comment t'es venue l'idée d'écrire un livre sur le rock et metal dans la région ?
Tout simplement en fouillant mes cd, j'ai retrouvé des groupes locaux des années 80. Il fallait compiler tout ça et faire quelque chose avant que tout ne disparaisse. En quelques secondes l'idée d'un livre m'est venue.

Sortie du tome 1.

Premier tome en décembre 2016, deuxième en juillet 2017 et le troisième pour 2018. Qu'en est-il de l'avancement du prochain volume ?
J'ai recensé 58 groupes, je prends un peu plus de temps cet été mais considérez que 90% des groupes sont bouclés ! Au niveau des associations, il reste encore du travail, des associations sont encore en vie : Rock, Nature et Distorsion, Les Arts Liés, d'autres se sont éteintes comme Cinq Sens, Local Prod, la French Heavy Metal Association que personne ne connaît (elle a duré onze mois). Vous trouverez également le deuxième volet consacré au Festival de la Paille qui contiendra une vingtaine de pages, le texte est écrit à 90%.

Comment organises-tu ton travail, as-tu recours à un planning pour ne pas trop te disperser ?
Je fonctionne au feeling et ne suis généralement pas organisé. Tant que je n'ai pas fini ce que j'ai à faire je m'acharne. C'est un travail d'équipe, il y a un graphiste et des gens qui corrigent. Nous avons établi un tableau sur internet ou chacun met ce qu'il doit faire et l'avancement. Je planifie des rendez-vous comme aujourd'hui par exemple et lorsque je rentre j'écris et envoie ce qui a été fait. Viennent ensuite les corrections. Je me suis très bien organisé, pour les livres, ce qui est une satisfaction personnelle. On ne peut pas mener un projet pareil sans une certaine rigueur. Certains interlocuteurs, pas tous heureusement, ne sont pas organisés. Si on ne les relance pas il est impossible de finir les livres.

Quelles sont les principales difficultés pour mener un tel projet ?
Il faut trouver les noms des groupes, qui étaient les membres, trouver un responsable pour en parler, un deuxième pour valider les informations, voire un troisième pour être sûr. Il faut aussi des photos, entre celles de qualité très moyenne et les gens qui pensent qu'il n'y en a pas c'est très compliqué. Personnellement je pense que 99,90% des groupes ont un cliché qui traîne et ça s'est encore vérifié la semaine dernière. J'ai cherché des photos d'une formation punk de Pontarlier il a fallu un an pour les obtenir ! 

Quel tirage pour le tome 1 ? Pour le tome 2 ?
Pour le tome 1 il y a eu 450 exemplaires, pour le second un petit peu plus. Concernant le troisième volume cela dépendra des ventes du second tout simplement.

T'attendais-tu à un tel enthousiasme et à autant de soutien ?
La vie m'a appris à n'attendre rien de personne, c'est donc une excellente surprise ! Rencontrer autant de monde est quelque chose de phénoménal ! Les gens sont heureux lorsqu'on parle d'eux et tout le monde est content de voir sa tête dans un livre. Ce ne sont pas tous des grands musiciens reconnus mais chacun a apporté sa petite pierre à l'édifice. C'est aussi grâce aux petits qu'il y a eu des grands ! La scène a besoin de ça pour (sur)vivre. Chaque personne a son importance.

Article dans L'Est Républicain, juillet 2017.

Tu étais au festival de la Paille à Métabief ce samedi. As-tu d'autres séances de dédicaces prévues ?
Oui, le 1er septembre au Café du Théâtre à Pontarlier à partir de 17h et le 16 septembre à Petite Chaux dans le cadre du passage à l'an III de Rock, Nature & Distorsion. Il y aura des livres sur places et je ferai même un prix !

Quel est ton avis concernant l'évolution de la scène locale depuis 1970 ?
Il y a eu des vagues, c'est monté crescendo jusqu'aux années 2000, à partir de 2010 je trouve qu'il y a de moins en moins de groupes qui se créent. Les lieux pour se produire dans le département sont de moins en moins nombreux. Il reste le Café du Théâtre à Pontarlier ainsi qu'un ou deux endroits à Morteau. C'est devenu compliqué, quel est l'intérêt de répéter dans un local toute l'année pour ne pas jouer live ? Le but de ces groupes de garage est d'en sortir justement afin de donner des concerts et pas uniquement le 21 juin !

Le tome 2.

Le Terminus a changé de propriétaire. Celui-ci souhaite organiser, à nouveau, des concerts rock et metal.
On va espérer qu'il redynamise ça à Morteau. Il y a une époque il y avait jusqu'à huit bars pour organiser des concerts de ce style là bas !

Si tu avais la possibilité de voir en live trois groupes qui n'existent plus dont tu parles dans tes livres lesquels choisirais-tu et pourquoi ?
J'en ai vu pas mal à l'époque. Disons, Urubu pour me reprolonger dans les années 1970 . Le meilleur groupe de ces années là était, certainement, Douglas Meuch, du free jazz. Le chanteur est décédé mais revoir Shangaï me ferait plaisir, c'était un gros coup de coeur ! J'ai envie d'assister à un concert de Bysshe. Je souhaite que les groupes qui tournent actuellement continuent de le faire. Le niveau musical est plus intéressant actuellement, selon moi, qu'il y a 20 ou 30 ans et les petits jeunes en veulent !

Bysshe que l'on retrouvera à Petite Chaux le 16 septembre !
Oui (Patrick est très enthousiaste), c'est pour ça que je viens entre autres !

Quels sont les autres concerts auxquels tu te rendras ?
Il y en a plusieurs : Samedi 6 août, ce sera Villersexel pour un festival de rock progressif avec Magma. Princesse(s) le 26 aôut  à Pontarlier et dans la foulée Morteau pour voir Pornodiva et Papertank au Terminus. Le 26 septembre à Moudon pour un festival Hard Rock. Le 26 octobre à Pratteln au Z7 pour Saga, du rock FM symphonique que j'adule depuis 1981, c'est un groupe qui joue presque exclusivement en Allemagne ! Je les ai loupé samedi pour cause de Festival de la Paille, il y avait Marillion en première partie, ça me reste en travers de la gorge ! Le 11 novembre à Lausanne aux Docks pour WASP, En 2018, certainement Accept à Lausanne aux Docks.

Un programme chargé donc !
Chargé non, je suis toujours allé aux concerts qui m'intéressaient et ça ne fait que continuer (sourire).

Je te laisse conclure
Espérons que le rock puisse continuer et survivre dans le Haut Doubs via les associations. Peut-être que prochainement une décision sera prise, quelque chose de grand devrait se passer à Pontarlier en rapport avec mes livres, on verra...

Petite photo souvenir lors du Festival de la Paille à Métabief, juillet 2017.

https://www.facebook.com/Le-Haut-Doubs-sur-3-accords-687952478037984/?ref=ts&fref=ts

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